L’État schizo

Martine Lombard

La France est en danger. L’ennemi est d’autant plus redoutable qu’il vient de l’intérieur et se nomme l’État. Devenu schizophrène, il détruit ce qui faisait notre force : nos infrastructures et la qualité de nos services publics.

Champion du double-jeu, mais plus souvent pyromane que pompier, il tient l’Europe pour responsable des décisions impopulaires qu’il prend à Bruxelles et qu’il fait mine de découvrir ensuite. Dans les abandons, il va encore plus loin que ne l’impose la loi communautaire.

Pour arrêter l’État schizo, il faut le prendre sur le fait, au moment où il craque une allumette : lorsqu’il contraint EDF à brader l’électricité à un prix qui l’empêche d’investir dans les sources d’énergies durables ; quand il laisse s’écrouler le fret ferroviaire ; quand il néglige l’entretien des lignes de chemins de fer au point de frôler sans cesse l’accident. Il faut le voir se décharger sur les régions de tout ce qui n’est pas le TGV, handicaper La Poste par un statut hors d’âge et, plus encore, maltraiter - malgré les apparences - son personnel.

Une plongée décapante - et peut-être salutaire - aux sources de ce double discours qui démonte, secteur par secteur, de la poste au transport ferroviaire, de l’énergie au métro, ses actes, ses silences, qui ressemblent à des mensonges par omission...

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Auteur

  • University of Paris I Panthéon-Sorbonne

Citation

Stéphane Rodrigues, L’État schizo, mai 2008, Concurrences N° 2-2008, Art. N° 16966, p. 203

Éditeur Jean-Claude Lattès

Date 1er octobre 2007

Nombre de pages 336

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