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See translation in english Albert A. Foer Liber Amicorum: A Consumer Voice in the Antitrust Arena, Nicolas CHARBIT and Sonia AHMAD (dir.)

Albert A. Foer Liber Amicorum : A Consumer Voice in the Antitrust Arena, Nicolas CHARBIT et Sonia AHMAD (dir.)

Nicolas Charbit, Sonia Ahmad (Editors)

Cette rubrique Livres recense et commente les ouvrages et autres publications en droit de la concurrence, droit & économie de la concurrence et en droit de la régulation. Une telle recension ne peut par nature être exhaustive et se limite donc à présenter quelques publications récentes dans ces matières. Auteurs et éditeurs peuvent envoyer les ouvrages à l’intention du responsable de cette rubrique : catherine.prieto@univ-paris1.fr.

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Le présent ouvrage rend hommage à un homme engagé. Après diverses expériences en tant que praticien et même chef d’entreprise, Albert Foer a fondé en 1998 l’American Antitrust Institute (AAI) pour alimenter un débat permanent, critique et constructif sur le droit positif aux États-Unis avec pour ambition de sauver l’âme de l’antitrust. Son engagement est parfaitement décrit, à commencer par Franklin Foer, son fils, qui le présente comme un disciple du juge Brandeis (“Brandeis in the Bones : Bert Foer’s Antitrust Inheritance – and Legacy”) et par Barry C. Lynn, qui fait le lien avec sa défense de la démocratie (“Bert Foer – And his Plot to Save Democracy”). Très logiquement, la seconde partie se devait d’approfondir la raison d’être de l’antitrust. Eleanor M. Fox délivre sans surprise un très beau plaidoyer rappelant que l’antitrust devrait être au service des gens et non au service d’une minorité privilégiée (“Does Antitrust Have a Heart ?”). Peter C. Carstensen hiérarchise les finalités en plaçant au sommet la défense de la concurrence en tant que processus (“The Goals of Competition Law : Ends v. Means”). Chris Sagers dénonce l’idéologie se cachant derrière l’idée du consensus selon lequel l’antitrust serait désormais un domaine d’application purement technique et dépourvu de toute idéologie (“Bert Foer, the American Antitrust Institute, and the Antitrust ‘Consensus’”). Michael A. Carrier dénonce aussi les illusions que l’on a pu faire miroiter (“Four Innovation Myths”) et, dans ce droit fil, Maurice E. Stucke insiste sur la vigilance que requiert l’antitrust, même si la récolte de ses fruits met à l’épreuve la patience du jardinier (“The Patient Gardener”).

Puis, une approche plus concrète sur la mise en œuvre est examinée : l’impact des programmes de clémence sur les poursuites pénales par Douglas H. Ginsburg et Cecilia Cheng (“The Decline in US Criminal Antitrust Cases : ACPERA and Leniency in an International Context”) ; la bonne articulation entre les actions publiques et privées par Harry First et Spencer Weber Waller (“Pairing Public and Private Antitrust Remedies”) ; l’effectivité des remèdes dans le contrôle des concentrations par John Kwoka (“The Promise and the Perils of Conduct Remedies in Merger Review”) ; la puissance d’achat avec John B. Kirkwoord (Buyer Power Today). Des problématiques sectorielles sont également traitées, telles que le marché du travail par Randy M. Stutz (“Mr. Magoo at the Drive-Through : The Right Antitrust Lens for Labor-Market Restraints in Franchise Settings”), les brevets essentiels par Richard M. Brunell (“Competition Policy and Standard-Essential Patents : Will the DOJ’s Policy Reversal Endure ?”), le secteur pharmaceutique avec spécialement les pratiques restrictives sur l’insuline par Warren Grimes (“Invidious Price Discrimination in the Sale of Rapid-Acting Insulin : Is There an Antitrust Remedy ?”) et sur d’autres substances thérapeutiques par Steve D. Shadowen (“No-Generics Restraints on Fixed-Dose Combination Pharmaceuticals”).

Une fenêtre est ouverte sur les expériences étrangères avec Julián Peña (“Cultural Challenges to Private Enforcement in Latin America”) et Kexin Li (“People’s Livelihood-Oriented Government Intervention in Market Economy : a Look at China’s 12-Year Antitrust Enforcement”).

Enfin, il convenait d’ouvrir encore plus grand la fenêtre sur l’avenir et la manière de relever ses défis. Robert H. Lande et Sandeep Vaheesan s’y attellent. Après avoir brossé, chiffres à l’appui dans une annexe impressionnante, un tableau de l’application laxiste du contrôle des concentrations avec ses conséquences dramatiques, ils proposent un modèle de règles dédié aux concentrations conglomérales à la fois simple, prévisible et efficace à partir de seuils en valeurs absolues (“Preventing the Curse of Bigness Through Conglomerate Merger Legislation”). Robert Litan invoque, quant à lui, la nécessité de ne pas oublier la lutte contre les cartels et souligne comment les nouveaux moyens technologiques ont démultiplié le nombre et les participants à un même cartel. Il recommande de mieux exploiter les programmes de clémence et les class actions (“Collusion Is a Bigger Deal than Is Often Recognized : It Should Not Get Lost in the Debate About the Future of Antitrust”).

Le cycle qui conférait un prisme réducteur à l’antitrust américain semble achevé. Et finalement Albert Foer a été avant tous les autres “the original antitrust hipster” (Barry C. Lynn).

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Author

  • University of Paris I Panthéon-Sorbonne

Quotation

Catherine Prieto, Albert A. Foer Liber Amicorum: A Consumer Voice in the Antitrust Arena, Nicolas CHARBIT et Sonia AHMAD (dir.), February 2021, Concurrences N° 1-2021, Art. N° 98928, p. 263

Publisher Concurrences

Date 14 October 2020

Number of pages 414

ISBN 978-1-939007-79-7

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